Par Smart BTP, Expert IA & BTP·Mis à jour le 21 octobre 2026

DPGF : définition, exemple et méthode pour la remplir en marché public BTP

DPGF : décomposition du prix global et forfaitaire, cadre de prix d'un marché public BTP avec colonnes, lots et total

La DPGF est la pièce de prix des marchés de travaux à prix global et forfaitaire. Ce guide donne sa définition, un exemple fictif de lot gros œuvre, la différence avec le BPU et le DQE, puis la méthode pour la remplir sans modifier le cadre du dossier de consultation.

Réponse courte

La DPGF est le document du dossier de consultation (DCE) dans lequel l'entreprise détaille, poste par poste, le prix global et forfaitaire de son offre pour un marché à prix forfaitaire. Le cadre est imposé par l'acheteur. Le montant détaillé est celui sur lequel l'entreprise s'engage : dans un marché à prix global et forfaitaire, elle est payée pour l'ouvrage décrit, et le risque de quantités reste de son côté, hors avenant. Elle se distingue du BPU, qui fige des prix unitaires, et du DQE, qui sert surtout à comparer des offres sur des quantités estimatives.

DPGF : définition et signification

DPGF signifie décomposition du prix global et forfaitaire. Chaque mot décrit une règle de chiffrage, pas un synonyme de devis libre.

  • Décomposition : le prix n'est pas une seule ligne. Il est ventilé en postes, en général alignés sur les ouvrages du CCTP, pour que l'acheteur puisse lire l'offre poste par poste.
  • Prix global : l'entreprise s'engage sur un montant pour un ensemble de prestations, pas sur un tarif à l'unité que l'on multiplierait ensuite par le métré réel.
  • Forfaitaire : ce montant rémunère l'ouvrage décrit. Si les quantités réellement exécutées diffèrent de celles du cadre, le prix ne bouge pas de lui-même. Un changement de périmètre passe par une modification du marché, le plus souvent un avenant.

La DPGF est un tableau fourni dans le DCE. Contrairement à un devis d'entreprise, où le candidat choisit ses chapitres, la structure est prédéfinie. Chaque ligne correspond à un poste identifié. On y renseigne le prix unitaire, la quantité quand elle est demandée, et le montant. On ne renomme pas les colonnes, on n'ajoute pas de poste, on n'en retire pas.

Qui établit le cadre, qui le remplit

Le cadre est établi par la maîtrise d'œuvre pour le compte de l'acheteur, puis joint au dossier de consultation. Sur un marché de bâtiment, ce travail est souvent confié à l'architecte : découpage en lots, libellés, unités et, fréquemment, quantités. C'est le sens de la recherche « DPGF architecte ». L'architecte (ou le bureau d'études mandaté) rédige le cadre vide. Il ne chiffre pas l'offre des candidats.

L'entreprise remplit ce cadre. Elle porte ses prix, vérifie que le total égale son offre, et signe l'ensemble avec les autres pièces. Le même document existe pour un lot d'électricité, de second œuvre ou de désamiantage : seules les désignations changent. La règle de remplissage reste celle du marché à prix global et forfaitaire.

Pour l'acheteur, la DPGF sert à quatre choses. Elle rend les offres comparables, parce que tout le monde chiffre les mêmes postes. Elle aide à repérer une offre anormalement basse, quand un poste est à un montant qui ne peut pas couvrir l'ouvrage décrit. Elle sert de base de discussion si le périmètre change en cours de chantier. Elle alimente le suivi d'exécution, notamment les situations de travaux, lorsque le CCAP le prévoit.

Le prix global de l'offre est celui de l' acte d'engagement. La DPGF le décompose. Que cette décomposition soit elle-même une pièce contractuelle, une base d'acomptes ou un outil de jugement se lit dans le règlement de consultation et le CCAP, y compris l'ordre de priorité des pièces. On ne déduit pas cette valeur d'un modèle type : elle est propre au marché.

La DPGF s'inscrit dans la réponse complète au dossier. Le fil général est décrit dans le guide répondre à un appel d'offres BTP. Les ouvrages que les lignes doivent couvrir sont ceux du CCTP.

Exemple de DPGF (lot gros œuvre / bâtiment)

Structure d'une DPGF : colonnes désignation, unité, quantité, prix unitaire HT et total HT, avec un lot et ses totaux
Structure type d'une DPGF : un lot, des postes, cinq colonnes, un total. Les montants ci-dessous sont un exemple fictif.

Le tableau qui suit est un exemple fictif. Il illustre la lecture d'un cadre de lot gros œuvre. Ce n'est pas un modèle à déposer, ni une bibliothèque de prix. Les quantités et les prix unitaires ont été choisis pour que le calcul se vérifie à la main. Un marché réel reprend le cadre de son DCE, pas cet extrait.

Exemple fictif, lot gros œuvre, montants hors taxes
DésignationUnitéQuantitéPU HTTotal HT
Installation de chantier et base vieens14 8004 800
Terrassement en pleine massem3180285 040
Semelles filantes en béton armém34231013 020
Élévation en blocs de bétonm22608522 100
Plancher poutrelles et hourdism21507210 800
Chaînages, linteaux et appuisml90484 320
Repli, nettoyage et évacuationens11 2001 200
Total HT du lot (exemple fictif)61 280

Lecture d'une ligne : la quantité multipliée par le prix unitaire hors taxes donne le total de la ligne. 180 m3 × 28 = 5 040. 42 m3 × 310 = 13 020. La somme des totaux de lignes donne le total du lot, ici 61 280 HT. Sur un marché alloti, le contrôle se fait lot par lot. Le guide de l' allotissement en marché public rappelle que chaque lot a son périmètre et son prix.

Les colonnes utiles sont stables d'un dossier à l'autre : désignation, unité, quantité, prix unitaire HT, total HT. Certains cadres ajoutent un numéro de poste, une référence CCTP, ou séparent un prix forfaitaire d'un prix unitaire. On garde les colonnes du fichier reçu. Une unité « ens » (ensemble) porte en général la quantité 1 : installation de chantier, repli, études. Une unité m2, m3 ou ml attend une quantité et un prix à l'unité d'œuvre.

Le modèle de DPGF que l'entreprise doit rendre est celui du DCE. Il est le plus souvent joint en fichier Excel (la recherche « DPGF excel »), parfois aussi en PDF à compléter ou en tableur verrouillé. Le classeur peut contenir un onglet par lot, des formules de total, et des cellules grisées que l'acheteur interdit de modifier. On remplit les cellules de prix. On ne reconstruit pas un classeur « plus clair » pour le dépôt : les formules de l'acheteur doivent continuer à calculer les mêmes totaux.

Un tableur interne reste utile comme brouillon : sous-détail, consultation fournisseurs, variantes de marge. La pièce remise est le cadre d'origine, avec le même nombre de lignes. S'il manque un poste que le CCTP décrit, la bonne réaction est une question écrite avant la date limite, pas une ligne ajoutée en bas de feuille.

DPGF, BPU, DQE : quelles différences ?

DPGF, BPU et DQE : différences entre décomposition du prix global et forfaitaire, bordereau des prix unitaires et détail quantitatif estimatif
Trois pièces de prix. Le détail du BPU et du DQE est sur leurs pages dédiées, pour ne pas mélanger les intentions de recherche.

Ces trois documents parlent de prix et se trouvent souvent dans le même DCE. Ils ne répondent pas à la même question. Le tableau ci-dessous suffit pour choisir la bonne pièce. Les modes d'emploi complets sont ailleurs.

CritèreDPGFBPUDQE
SignificationDécomposition du prix global et forfaitaireBordereau des prix unitairesDétail quantitatif estimatif
Type de marchéPrix global forfaitairePrix unitaires, bons de commandePrix unitaires (estimation)
ContenuPostes et montants forfaitairesPrestations et prix unitairesQuantités, prix unitaires, totaux
EngagementMontant total pour l'ouvrage décritPrix unitaires fixes, quantités variablesTotal de comparaison, quantités indicatives
Risque quantitésPorté par l'entreprisePorté par l'acheteurPorté par l'acheteur

Point de lecture : dans un marché à prix global et forfaitaire, si les travaux décrits demandent plus de matière ou d'heures que le cadre ne le laissait voir, le prix de l'offre ne se recalcule pas. C'est pour cela que la vérification des quantités, avant le dépôt, est une étape de chiffrage et pas une formalité. Le couple BPU et DQE est, lui, le réflexe des accords-cadres et des marchés à bons de commande, où les quantités ne sont pas connues à l'avance.

Le bordereau des prix unitaires (BPU) et le détail quantitatif estimatif (DQE) ont chacun leur guide. On n'y reporte pas la méthode de remplissage d'une DPGF : un prix unitaire de BPU se paie au réel, un montant de DPGF rémunère un ouvrage.

Le mode d'emploi de chaque ligne à l'unité est sur la page du bordereau de prix unitaires (BPU).

Comment remplir une DPGF étape par étape

Remplir une DPGF en 5 étapes : lecture du CCTP, vérification des quantités, prix unitaires, mémoire technique et contrôle des totaux

Le remplissage est un enchaînement. On ne commence pas par les cellules jaunes du tableur. On commence par comprendre l'ouvrage, puis on vérifie les quantités, puis on pose des prix que l'entreprise peut tenir, puis on aligne le mémoire, puis on contrôle les totaux.

1. Lire le CCTP, le CCAP et les plans

Chaque ligne de la DPGF doit pouvoir être rattachée à un ouvrage décrit. Avant de saisir un prix, lisez le CCTP, le CCAP et les plans du lot. Repérez les sujétions qui ne sont pas dans le libellé court de la ligne : accès, phasage, reprises, essais, gestion des déchets. L' analyse du DCE sert à cette lecture croisée, pour ne pas chiffrer un libellé coupé de son article de CCTP.

2. Vérifier les quantités du cadre

Les quantités du cadre ne se recopient pas les yeux fermés. On les confronte aux plans et aux articles du CCTP. Une surface de plancher, un volume de terrassement ou un linéaire de chaînage qui ne tombe pas juste est une question à poser par écrit, dans le délai du règlement, pas une quantité à réécrire dans le fichier. La méthode pour vérifier la cohérence CCTP et DPGF consiste à rattacher chaque poste financier à une prescription, et chaque prescription chiffrable à une ligne. Un poste du CCTP sans ligne, ou une ligne sans ouvrage, se traite avant le dépôt.

3. Construire les prix unitaires

Le prix d'une ligne vient des coûts de l'entreprise : main-d'œuvre, matériaux, matériel, sous-traitance le cas échéant, frais de chantier, frais généraux, aléa et marge. Les ratios génériques ne remplacent pas un taux horaire chargé, un devis fournisseur ou un rendement constaté sur un chantier comparable. Le sous-détail reste interne, sauf si le dossier le demande ou si l'acheteur réclame une justification. La méthode pour calculer son prix en appel d'offres détaille ce chemin, du déboursé sec au prix unitaire. On l'applique ici sans transformer la DPGF en BPU : le montant de la ligne reste forfaitaire pour l'ouvrage décrit.

4. Tenir la cohérence avec le mémoire technique

Le mémoire technique annonce des moyens : effectif, matériel, phasage, sous-traitants, mode opératoire. Ces moyens doivent pouvoir se retrouver dans les prix. Un mémoire qui décrit une grue, un confinement ou une équipe de nuit, et une DPGF qui ne les porte nulle part, se contredit. On relit les deux pièces ensemble, pas l'une après l'autre le jour du dépôt.

5. Contrôler les totaux

Le total de la DPGF, ou le total du lot, doit être exactement le prix porté à l'acte d'engagement. On vérifie chaque produit quantité × prix unitaire, les sous-totaux de lot, la TVA si le cadre la demande, et l'absence de ligne vide. Une cellule laissée blanche n'est pas un zéro assumé. Si un poste est inclus dans un autre, le cadre et le règlement disent comment le noter. On n'invente pas une convention locale.

Sous-détail interne : cinq postes, sans barème officiel

Même quand l'acheteur ne demande pas le sous-détail, le construire évite un prix intenable et prépare une réponse si l'offre est jugée anormalement basse. Les parts ci-dessous sont des repères indicatifs de lecture, pas un barème et pas une statistique de marché. Elles bougent fortement selon le lot : un gros œuvre béton n'a pas la même part de matière qu'un lot de second œuvre très manuel.

PostePart indicativeContenu
Main-d'œuvre35 à 55 %Coût horaire chargé × temps unitaire
Matériaux15 à 35 %Achats, transport, pertes de mise en œuvre
Matériel5 à 15 %Location ou amortissement, consommables
Frais généraux12 à 18 %Encadrement, assurances, siège, base-vie
Marge et aléa5 à 15 %Aléas du forfait et bénéfice

Le coût horaire chargé se construit, il ne se copie pas d'une fiche trouvée en ligne. On part du salaire brut, on ajoute les charges, les congés, les intempéries et l'équipement, puis on divise par les heures réellement productives de l'année. En désamiantage, la prime de pénibilité et les formations augmentent ce coût. Un prix de main-d'œuvre qui ne couvre pas ce coût chargé est un motif classique de demande de justification. Conservez les devis fournisseurs : ils sont la pièce à produire si l'acheteur interroge une ligne.

Erreurs fréquentes à éviter

La plupart des DPGF écartées ou fragilisées le sont pour une raison simple : le cadre a été modifié, une ligne est vide, ou le total ne raconte pas la même histoire que le reste de l'offre.

Lignes à zéro non expliquées

Un montant nul sans motif peut être lu comme un oubli. Il peut déclencher une demande de précisions, voire une irrégularité si le règlement exige un prix pour chaque poste. Quand un poste est inclus dans un autre, on l'écrit comme le cadre le permet.

Incohérence avec le mémoire

Matériel lourd, effectif ou mode opératoire annoncés d'un côté et absents du prix de l'autre : l'évaluateur compare les deux. La note technique et la note prix ne se corrigent pas l'une l'autre.

Erreurs de calcul

Un total qui n'est pas la somme des lignes, ou un prix d'acte d'engagement différent du total DPGF, oblige l'acheteur à deviner quel chiffre fait foi. On contrôle l'arithmétique dans le fichier de l'acheteur, pas dans une copie.

Sous-estimation des aléas du forfait

Le risque de quantités est du côté de l'entreprise. Chiffrer au plus juste un terrassement, une structure existante ou un retrait d'amiante, sans provision, transforme l'écart de métré en perte. La provision se justifie. Elle ne se cache pas dans une ligne sans rapport avec l'ouvrage.

Modifier la structure

Ajouter, supprimer, fusionner ou renuméroter des lignes est un motif classique de rejet pour non-conformité. Le cadre se remplit tel qu'il est fourni. Une structure plus logique pour l'entreprise n'est pas une structure acceptable pour l'acheteur.

Oublier les postes indirects

Installation, comptes prorata si le CCAP les prévoit, nettoyage, repli, études d'exécution, plans : ces lignes pèsent, et elles sont souvent les premières écrasées quand on cherche à baisser le total. Si le cadre les isole, elles se chiffrent pour elles-mêmes.

DPGF et désamiantage : spécificités

Une DPGF de désamiantage suit les mêmes règles de cadre et de forfait. Les postes, eux, ne sont pas ceux d'un lot de gros œuvre. Les oublier, ou les noyer dans une ligne « travaux divers », produit un prix qui ne tient pas le chantier. Les postes à identifier dans le cadre, quand le CCTP les décrit, comprennent en pratique :

  • Préparation et confinement : zones confinées, sas, dépression, contrôle d'étanchéité.
  • Protection des opérateurs : équipements spécifiques amiante et consommables, distincts des EPI courants.
  • Mesures : empoussièrement, analyses, contrôles libératoires, selon ce que le dossier prescrit.
  • Déchets : conditionnement, transport, élimination, bordereaux de suivi.
  • Plan de retrait : rédaction et transmission avant le démarrage. Le délai et le circuit sont ceux du plan de retrait amiante, pas une ligne à zéro dans la DPGF.
  • Suivi et formation : suivi médical des opérateurs et maintien des formations sous-section 3 du personnel qui intervient.

Ces postes se recoupent avec le PPSPS. Un moyen de protection décrit dans le PPSPS et absent du prix est la même incohérence que pour un mémoire technique. Le forfait reste le forfait : sous-estimer le confinement ou les déchets ne se rattrape pas en refacturant les quantités réelles, sauf modification prévue au marché.

Remplir sa DPGF plus vite avec SmartBTP

Smart BTP prépare la réponse à l'appel d'offres. Il ne dépose pas l'offre et ne signe pas à la place de l'entreprise. Sur une DPGF, le parcours déjà décrit sur le site tient en quatre gestes.

  • Importer le cadre Excel ou PDF. Les références, les libellés, les unités et les quantités du fichier officiel sont conservés. La structure du bordereau n'est pas reconstruite.
  • Rapprocher chaque ligne des diagnostics, du CCTP et des plans. Les correspondances confirmées, les éléments non retrouvés et les lignes incomplètes sont distingués, pour que les quantités et les absences soient visibles avant le prix.
  • Préparer un chiffrage qui reprend la structure de la DPGF. Les prix de référence proposés se remplacent par les coûts, les conditions d'achat et la marge de l'entreprise.
  • Repartir de la même analyse pour le mémoire technique et, quand le dossier le demande, le PPSPS, afin de limiter les contradictions entre les moyens annoncés et les lignes de prix.

Ce premier passage est une base de travail. Il doit être relu, corrigé et validé par une personne qui connaît les coûts, les fournisseurs et le chantier, avant toute soumission.

Le détail du rapprochement ligne à ligne est sur la page automatiser la DPGF. Pour situer cet usage parmi les logiciels de veille, de gestion ou de réponse, le comparatif des logiciels de réponse aux appels d'offres BTP sépare ces trois besoins. Le dépôt sur le profil acheteur, la signature et les pièces propres à l'entreprise restent à faire dans l'outil de l'acheteur.

Questions fréquentes

La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) est le document du dossier de consultation dans lequel l'entreprise détaille, poste par poste, le prix global et forfaitaire de son offre. Elle sert dans un marché à prix forfaitaire : le cadre (postes, unités, souvent quantités) est fixé par l'acheteur, et l'entreprise y porte ses prix. Le total doit correspondre au prix de l'offre.

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