Par Smart BTP, Expert IA & BTP·Mis à jour le 19 juin 2026

DQE (détail quantitatif estimatif) marché public BTP : définition, exemple et différence avec la DPGF et le BPU

DQE détail quantitatif estimatif marché public BTP : tableau de quantités estimatives, prix unitaires, total et comparaison des offres — illustration flat design

Dans un appel d’offres BTP, c’est souvent un seul chiffre qui décide : le total du détail quantitatif estimatif (DQE). Cette pièce, qui ressemble à un simple tableau de quantités multipliées par des prix, est en réalité celle sur laquelle l’acheteur compare les candidats et calcule la note prix. Mal comprise, elle est régulièrement confondue avec la DPGF et le bordereau des prix unitaires (BPU). Ce guide complet explique ce qu’est un DQE, à quoi il sert, en quoi il diffère de la DPGF et du BPU, ce qu’il contient, comment le remplir sans erreur, et comment l’IA fiabilise ce travail de chiffrage.

Détail quantitatif estimatif : définition

Le détail quantitatif estimatif (DQE) est une pièce du dossier de consultation qui, pour chaque poste de travaux, reprend le prix unitaire HT du candidat et le multiplie par une quantité estimative fixée par l’acheteur. Le résultat est un montant par poste, puis un total général HT qui synthétise l’offre financière.

La particularité du DQE, c’est que les quantités y sont prévisionnelles. L’acheteur estime un volume de travaux probable, sans s’engager dessus : c’est un simple repère commun, identique pour tous les candidats, qui permet de comparer des offres sur la même base. Le DQE est typique des marchés à prix unitaires et des accords-cadres à bons de commande, où l’on ne connaît pas à l’avance les quantités réelles qui seront commandées.

À retenir : le DQE répond à la question « combien coûterait le marché si les quantités estimées se réalisaient ? ». C’est un outil de comparaison, pas une facture : en exécution, on paie sur les quantités réellement constatées, aux prix du BPU.

À quoi sert le DQE dans un marché public ?

Le DQE a une fonction principale et déterminante : servir de base au jugement du critère prix. Concrètement :

  • Comparer les offres sur une base commune : tous les candidats chiffrent les mêmes quantités estimatives. Le total du DQE devient l’indicateur unique qui permet de classer les offres financières ;
  • Alimenter la note prix : c’est le total HT du DQE qui entre dans la formule de notation du prix décrite dans le règlement de consultation. D’où son importance stratégique ;
  • Vérifier la cohérence de l’offre : en croisant le DQE avec le BPU et le mémoire technique, l’acheteur détecte les prix incohérents, les postes oubliés ou les offres déséquilibrées.

Comprendre comment le total du DQE est transformé en points est essentiel pour bâtir une offre compétitive : voir notre guide sur les critères de notation des appels d’offres. Un même écart de prix ne pèse pas du tout de la même façon selon la formule retenue.

DQE, DPGF, BPU : quelles différences ?

C’est la confusion la plus fréquente du chiffrage en marché public. Ces trois pièces tournent autour du prix, mais elles n’ont ni le même rôle ni la même valeur contractuelle :

PièceContientQuantitésRôle principal
DQEPrix unitaires × quantités estimativesEstimatives, non contractuellesComparer les offres / noter le prix
BPUPrix unitaires HT, par postePas de quantitésFacturer au réel (contractuel)
DPGFDécomposition d’un prix forfaitaireFigées dans le forfaitPayer un forfait ferme

La logique est en réalité simple à mémoriser : le BPU fixe le prix de chaque unité, le DQE applique ces prix à des quantités estimées pour comparer les offres, et la DPGF appartient à un autre monde, celui du prix forfaitaire global. Pour creuser ces deux pièces sœurs, consultez nos guides dédiés au bordereau des prix unitaires (BPU) et à la DPGF et à ses différences avec le BPU et le DQE.

Vérifiez toujours la valeur du DQE : dans la grande majorité des cas le DQE n’est qu’un outil de comparaison non contractuel. Mais certains marchés en font une pièce contractuelle (marché à prix global) ou inversent les rôles BPU/DQE. Le CCAP et le règlement de consultation tranchent : lisez-les avant de chiffrer.

Que contient un détail quantitatif estimatif ?

Le DQE se présente sous forme de tableau, fourni par l’acheteur au format tableur ou PDF. Chaque ligne correspond à un poste et comporte typiquement :

  • un numéro de poste et un libellé / désignation de la prestation ;
  • l’unité d’œuvre (m², ml, m³, u, t, h, forfait…) ;
  • la quantité estimative renseignée par l’acheteur ;
  • le prix unitaire HT à renseigner par le candidat (issu du BPU) ;
  • le montant HT du poste (quantité × prix unitaire), souvent calculé automatiquement ;
  • un total général HT, puis la TVA et le total TTC.

Le contenu technique réel de chaque poste — ce qui est compris ou non dans le prix — est décrit dans le CCTP. Avant de reporter un prix unitaire, il faut donc croiser le DQE avec le CCTP et le BPU, exactement comme on le ferait pour préparer une offre à partir du dossier de consultation (DCE). Un libellé court peut cacher des sujétions (évacuation, tri, finitions) qui changent radicalement le coût.

Comment remplir et chiffrer un DQE ?

Première règle : on ne touche pas aux quantités. Elles sont fournies par l’acheteur et identiques pour tous. Le travail du candidat consiste à renseigner les prix unitaires — le total se calcule ensuite mécaniquement. Pour chaque poste, la bonne pratique consiste à construire un sous-détail de prix unitaire (SDPU) :

  1. Déboursé sec : coût direct de l’unité (main-d’œuvre productive + matériaux + matériel) ;
  2. Frais de chantier : installation, encadrement, engins, repli, répartis sur les unités ;
  3. Frais généraux : structure de l’entreprise (siège, assurances, gestion), en pourcentage ;
  4. Marge / bénéfice et aléas : pour obtenir le prix de vente unitaire HT à reporter, qui sera ensuite multiplié par la quantité estimative.

C’est exactement la méthode décrite dans notre guide comment calculer son prix pour un appel d’offre BTP (méthode SDPU, frais généraux, marge). Le DQE n’ajoute qu’une chose : une fois les prix unitaires posés, le total devient votre offre financière comparée — d’où l’importance de prix justes, défendables et cohérents avec le mémoire technique.

Pour bien visualiser la logique de décomposition d’un prix en marché public — au cœur du remplissage du DQE comme du BPU et de la DPGF —, cette vidéo pédagogique est un excellent point de départ :

Exemple de détail quantitatif estimatif

Voici un extrait simplifié de DQE pour un marché d’entretien de bâtiment. À la différence du BPU, les quantités estimatives sont présentes et permettent de calculer un montant par poste puis un total.

DésignationU.Qté est.P.U. HTMontant HT
1.1Dépose de cloison plaque de plâtre12018,50 €2 220,00 €
1.2Fourniture et pose cloison 72/4812046,00 €5 520,00 €
2.1Peinture acrylique 2 couches30012,80 €3 840,00 €
3.1Remplacement point lumineux LEDu2568,00 €1 700,00 €
Total général HT13 280,00 €

C’est ce total de 13 280 € HT qui sera comparé à celui des autres candidats pour noter le prix. Mais en exécution, si l’acheteur ne commande finalement que 200 m² de peinture au lieu des 300 estimés, c’est bien le prix unitaire du BPU (12,80 €) qui s’appliquera à la quantité réelle — pas le montant du DQE.

Les erreurs qui coûtent cher sur un DQE

  • Modifier les quantités estimatives : elles sont fixées par l’acheteur. Les changer fausse la comparaison et peut rendre l’offre irrégulière ;
  • Laisser un poste vide ou à 0 € : un prix manquant ou nul peut entraîner le rejet de l’offre ou une requalification en offre anormalement basse ;
  • « Optimiser » le DQE de façon déséquilibrée : gonfler les postes à faible quantité et brader ceux à forte quantité est risqué et détectable ;
  • Incohérence entre DQE, BPU et mémoire technique : les prix doivent raconter la même histoire que les moyens annoncés ;
  • Erreur d’unité ou de report : un prix au m² reporté sur un poste au ml fausse tout le total ;
  • Confondre DQE et BPU à l’exécution : croire qu’on sera payé sur les quantités du DQE alors que le paiement se fait au réel via le BPU.

Chiffrer son DQE plus vite grâce à l’IA

Remplir un DQE est un travail répétitif et à fort enjeu : des dizaines de postes à chiffrer, à recouper avec le CCTP et le BPU, des totaux à contrôler. C’est exactement le type de tâche que l’automatisation fiabilise et accélère :

  • extraction automatique des postes et de leur description technique dans le CCTP ;
  • proposition de prix unitaires à partir d’une bibliothèque de prix et de l’historique de l’entreprise ;
  • contrôle de cohérence : postes vides, unités incohérentes, total déséquilibré, écarts suspects ;
  • vérification de l’alignement entre DQE, BPU et mémoire technique pour éviter les contradictions.

Les entreprises qui veulent industrialiser ce travail de chiffrage — et plus largement automatiser leurs processus documentaires d’appel d’offres — peuvent s’appuyer sur des formations à l’IA appliquée aux métiers pour structurer leurs chaînes de production de documents et fiabiliser leurs livrables.

C’est la logique de Smart BTP appliquée à tout le cycle de l’appel d’offres : voir notre guide IA et appels d’offres BTP et la méthode complète pour répondre à un appel d’offres BTP. De l’analyse du DCE au remplissage du BPU et du DQE, c’est toute la chaîne de chiffrage qui peut être accélérée et sécurisée.

FAQ — Détail quantitatif estimatif (DQE)

Le détail quantitatif estimatif (DQE) est une pièce du marché public qui, pour chaque poste, reprend le prix unitaire HT du candidat et le multiplie par une quantité estimative fixée par l’acheteur, afin d’obtenir un montant total. Ce total sert principalement à comparer les offres entre elles et à noter le critère prix. Le DQE combine donc les prix unitaires (issus du bordereau des prix unitaires) et des quantités prévisionnelles. Il est surtout utilisé dans les marchés à prix unitaires et les accords-cadres à bons de commande, où les quantités réelles ne sont pas connues à l’avance.

En résumé : le détail quantitatif estimatif (DQE) applique vos prix unitaires à des quantités estimées par l’acheteur pour calculer un total servant à comparer les offres et à noter le prix. Contrairement au BPU (contractuel, paie au réel) et à la DPGF (forfait ferme), ses quantités ne sont, en général, pas contractuelles. Bien le remplir, c’est chiffrer chaque prix unitaire au sous-détail, respecter les quantités fournies, croiser avec le CCTP — et, idéalement, s’appuyer sur l’IA pour fiabiliser un travail répétitif à fort enjeu.

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