Par Smart BTP, Marchés publics BTP·Mis à jour le 29 octobre 2026

BPU : qu'est-ce qu'un bordereau de prix unitaires en marché public BTP

BPU, bordereau de prix unitaires en marché public BTP : numéro de prix, désignation, unité et prix unitaire HT sur un exemple fictif

Répondre à un marché de travaux à l'unité commence par un tableau. Ce tableau s'appelle BPU, bordereau de prix unitaires. Cette page dit ce qu'il est, ce qu'une ligne doit contenir, comment une entreprise le remplit, et quelles erreurs le rendent fragile. Le DQE, la DPGF et les accords-cadres ont leurs propres pages.

Réponse courte

Le BPU, ou bordereau de prix unitaires, est la pièce d'un marché public qui fixe, ligne par ligne, le prix unitaire hors taxes d'une prestation. Il ne fige pas les quantités : le montant payé applique ce prix aux quantités réellement exécutées. On le remplit tel que l'acheteur l'a fourni, avec un prix unitaire HT en chiffres et, quand la colonne existe, en lettres. C'est le document de référence des marchés à prix unitaires.

Définition : le BPU est un bordereau de prix unitaires

Un bordereau de prix unitaires liste des prestations et le prix d'une seule unité de chacune : mètre carré, mètre linéaire, mètre cube, unité, tonne ou heure. Le sigle BPU désigne ce bordereau. On dit aussi bordereau de prix, bordereau de prix unitaire, ou bordereaux de prix au pluriel. Le CCAG Travaux écrit « bordereau des prix unitaires ». Pour l'entreprise, le travail ne change pas : chiffrer chaque ligne du cadre reçu.

L'article R.2112-6 du code de la commande publique, en vigueur depuis le 1er avril 2019, distingue deux formes de prix. Les prix unitaires s'appliquent aux quantités réellement livrées ou exécutées. Les prix forfaitaires s'appliquent à tout ou partie du marché, quelles que soient les quantités. Le BPU est l'outil du premier cas.

L'article 9.2 du CCAG Travaux, approuvé par l'arrêté du 30 mars 2021, précise qu'un prix unitaire s'applique notamment à une nature d'ouvrage ou à un élément d'ouvrage dont les quantités ne sont indiquées dans le marché qu'à titre évaluatif. Le commentaire de l'article 4 du même CCAG cite le bordereau des prix unitaires parmi les éléments possibles de décomposition de l'offre financière, sauf lorsque le marché règle la totalité des prestations par un prix forfaitaire unique.

Le BPU est donc, quand le marché le retient, une pièce de l'offre, puis une pièce du marché. Les prix qui y figurent engagent le titulaire. Les quantités, elles, se constatent à l'exécution. L'article 11.2 du CCAG Travaux prévoit que, pour les travaux réglés sur prix unitaires, les constatations contradictoires portent sur les éléments nécessaires au calcul des quantités, comme les mesurages, les pesages et les comptages, et sur ceux qui permettent de déterminer le prix unitaire à appliquer.

À quoi sert le BPU dans un marché à prix unitaires

Avant l'attribution, le BPU est un cadre de réponse. L'acheteur a écrit les numéros, les désignations et les unités. L'entreprise ajoute ses prix. Après l'attribution, le même bordereau est le tarif du marché : chaque quantité constatée se multiplie par le prix de sa ligne.

On s'en sert quand les quantités ne sont pas assez connues pour figer un montant global : entretien, réparations, interventions à la demande. Le marché à prix unitaires laisse commander le nécessaire, au tarif accepté. L'entreprise ne peut pas compter sur un volume pour rattraper un prix trop bas. Chaque ligne doit tenir seule.

Les accords-cadres à bons de commande reposent souvent sur le même principe : les prix sont connus, les quantités viendront avec les commandes. Le fonctionnement de ces contrats, leur durée et la façon d'y répondre sont expliqués dans le guide de l'accord-cadre à bons de commande. Ici, on s'arrête au bordereau qui porte les prix.

L'article 9.1.1 du CCAG Travaux répute les prix couvrir les dépenses d'exécution, les frais généraux, les impôts et taxes, et une marge. Ils sont indiqués hors TVA et tiennent compte des sujétions normalement prévisibles, dont l'élimination des déchets, sauf exclusion écrite. Un libellé court ne dispense pas de lire le poste. L'article 9.4 répute les prix fermes, sauf révision et formule prévues par les documents du marché.

BPU, DQE, DPGF : une comparaison courte

Trois pièces tournent autour du prix. Une seule est le sujet de cette page. Le schéma dit quand chacune est le bon réflexe. Le tableau tient en une lecture. Les méthodes du DQE et de la DPGF ne sont pas reprises ici.

BPU, DQE et DPGF : quand utiliser un bordereau de prix unitaires, un détail quantitatif estimatif ou une décomposition du prix global et forfaitaire
Le BPU répond au prix d'une unité. Le DQE et la DPGF ont un autre rôle, développé sur leurs pages.
PièceQuestionQuantitésRèglement
BPUBordereau de prix unitairesCombien coûte une unité ?Absentes, ou seulement indicativesSur les quantités réellement exécutées
DQEDétail quantitatif estimatifQuel total pour comparer les offres ?Estimatives, fixées par l'acheteurOutil de comparaison, pas le règlement
DPGFDécomposition du prix global et forfaitaireCombien coûte l'ouvrage décrit ?Comprises dans le forfaitLe forfait, quelles que soient les quantités

La différence BPU DQE se lit sur le guide du détail quantitatif estimatif. La DPGF a son propre guide. Retenir seulement ceci : un prix de BPU se paie au réel, un total de DQE sert à comparer, un montant de DPGF rémunère un ouvrage décrit.

Modèle : anatomie d'une ligne de BPU

Il n'existe pas un imprimé unique imposé à tous les acheteurs. Le modèle utile est celui du dossier : on le complète, on ne le redessine pas. La plupart des lignes rassemblent pourtant les mêmes quatre informations.

Anatomie d'une ligne de bordereau de prix unitaires (BPU) : numéro de prix, désignation, unité, prix unitaire HT en chiffres et en lettres
Quatre cases pour une ligne. L'exemple de prix est fictif.

Numéro de prix

Le numéro de prix relie la ligne au reste du dossier. On le recopie tel quel. Renuméroter, fusionner deux postes ou en insérer un empêche de comparer les offres case à case.

Désignation

La désignation dit ce que le prix couvre. Elle est souvent plus courte que la pièce technique. « Dépose de cloison » peut inclure le tri et l'évacuation, ou les laisser à une autre ligne. On cherche le même numéro dans le dossier avant d'arrêter un montant.

Unité

L'unité est la base du calcul. Un prix au mètre linéaire n'est pas un prix au mètre carré. L'heure, la tonne, le mètre cube et l'unité se contrôlent ligne par ligne. Changer l'unité fausse la comparaison et le paiement.

Prix unitaire HT en chiffres et en lettres

La colonne à remplir est le prix unitaire hors taxes. Beaucoup de cadres le demandent en chiffres et en lettres. « 18,50 € » correspond à « dix-huit euros et cinquante centimes », pas à « dix-huit euros ». Si le règlement dit quelle écriture prévaut, on la suit, puis on aligne quand même les deux.

Comment remplir un BPU, pas à pas

Remplir un bordereau de prix unitaires, c'est répondre à un appel d'offres sur le cadre de prix, pas inventer un devis à côté. La place de cette pièce dans le dossier complet est décrite dans le guide pour répondre à un appel d'offre BTP. Les cinq étapes ci-dessous restent sur le bordereau lui-même.

Remplir un BPU en 5 étapes : reprendre le cadre, lire chaque poste, vérifier l'unité, écrire le prix unitaire HT, contrôler le bordereau de prix unitaires
Cinq contrôles avant de considérer le bordereau comme prêt à déposer.
  1. Reprendre le cadre de l'acheteur. On travaille sur le fichier ou le tableau du dossier, tableur ou PDF à reporter. On garde les numéros, l'ordre, les libellés et les unités. Une colonne ajoutée pour ses notes reste en dehors du document déposé.
  2. Lire le dossier avant de chiffrer. L'analyse du DCE sert à savoir ce que chaque désignation comprend : fourniture, pose, évacuation, reprises, horaires, site occupé. Un prix calculé sur le seul libellé du bordereau oublie souvent une sujétion écrite ailleurs.
  3. Vérifier l'unité, puis calculer un prix autonome. Le sous-détail d'un prix unitaire, décrit à l'article 9.3.3 du CCAG Travaux, indique les déboursés (salaires et charges, matériaux, matériel), puis les frais généraux, les impôts et taxes, puis la marge. Le résultat est le prix unitaire HT. Il doit rester valable même si la quantité commandée est faible, car elle n'est pas garantie.
  4. Reporter le prix en chiffres et en lettres. On écrit le montant hors taxes dans la colonne prévue, avec la même précision que le cadre (souvent deux décimales). Si une colonne en lettres existe, on y recopie le même montant, euros et centimes. On ne laisse pas une formule de tableur non figée si le dossier demande des valeurs.
  5. Contrôler le tableau entier. Chaque ligne a un prix. Aucune unité n'a été décalée d'une rangée. Les chiffres et les lettres concordent. Les postes qui semblent très bas au regard de leur contenu sont soit corrigés, soit justifiables. Le mémoire technique décrit ensuite la même prestation, sans promettre une méthode que le prix ne paie pas.

Le prix unitaire reste une décision de l'entreprise. Aucun modèle ne fournit le « bon » montant à la place du chiffrage. Le bordereau impose la structure. Le coût, la marge et la signature restent à l'entreprise.

Erreurs fréquentes sur un bordereau de prix unitaires

  • Écart entre les chiffres et les lettres. Deux montants différents sur la même ligne obligent l'acheteur à choisir, ou à demander une clarification. On relit les centimes, pas seulement les euros.
  • Unité inadaptée. Chiffrer au mètre carré une ligne demandée au mètre linéaire, ou à l'heure une ligne demandée à l'unité, multiplie ou divise le prix réel sans que le tableau le montre.
  • Prix anormalement bas. Un prix très inférieur au coût prévisible du poste, ou très inférieur au reste de l'offre, peut conduire l'acheteur à demander des justifications. S'il n'est pas expliqué, l'offre peut être écartée. Un prix à zéro, ou une case vide, pose le même problème, parfois plus vite.
  • Lignes oubliées. Un bordereau long se remplit par blocs. La dernière ligne d'un chapitre, un poste de sujétion ou une ligne d'heure d'attente passe facilement. On coche la liste des numéros, on ne se fie pas au défilement de l'écran.
  • Structure modifiée. Ajouter un poste, en supprimer un, changer un libellé ou déplacer une unité rend l'offre difficile à comparer. Si une prestation semble manquer, on le dit dans la réponse selon ce que le règlement autorise, sans réécrire le bordereau.
  • Volume imaginé. Baisser un prix en espérant une grande quantité, alors que le marché ne garantit pas ce volume, laisse la ligne déficitaire à la première commande. Le prix unitaire se juge seul.

Exemple fictif de bordereau de prix unitaires

L'extrait ci-dessous est un exemple fictif, construit pour montrer la forme d'une ligne. Il ne décrit ni une entreprise, ni un marché passé, ni un tarif du bâtiment. Tous les montants sont inventés. Ils ne doivent pas être recopiés dans une offre.

N°DésignationUnitéPU HT en chiffresPU HT en lettres
12.03Dépose de cloison en plaques, tri et évacuation comprism²18,50 €dix-huit euros et cinquante centimes
14.02Peinture acrylique, deux couches, sur murs préparésm²12,80 €douze euros et quatre-vingts centimes
21.01Remplacement d'un point lumineux, raccordement comprisu68,00 €soixante-huit euros

Lecture de la ligne 12.03, à titre illustratif. Le numéro vient de l'acheteur fictif. La désignation inclut le tri et l'évacuation. L'unité est le mètre carré. Le prix inventé, 18,50 €, reprend les cinquante centimes en lettres. Une commande fictive de 40 m² ferait 740 € HT sur cette seule ligne. Ce produit n'est pas une colonne du BPU : le bordereau ne contient que le prix unitaire.

D'où peut sortir ce 18,50 €, toujours avec des nombres inventés : 12,00 € de déboursés, 3,00 € de frais et de taxes, 3,50 € de marge. Ces nombres n'illustrent aucun taux du métier. Le BPU n'affiche que leur somme.

Préparer la réponse avec Smart BTP

Smart BTP n'écrit pas le prix à la place de l'entreprise et ne remplace pas le bordereau de l'acheteur. Il aide à préparer la lecture du dossier avant ce remplissage. Les fonctions ci-dessous sont celles du produit.

  • Un fichier reconnu comme BPU est classé à côté du règlement, du CCTP, du CCAP et des plans. Un tableur est lu feuille par feuille.
  • Les lignes sont reprises avec leur référence, leur désignation, leur unité et leur quantité si elle est écrite avec son unité. Une quantité absente de la ligne source n'est pas inventée.
  • Ces lignes sont rapprochées des matériaux et des preuves trouvés dans les autres pièces. Une ligne sans correspondance reste visible.
  • Chaque quantité peut être validée, corrigée ou exclue avant d'alimenter l'estimation des matériaux, de la main-d'œuvre, des équipements, des déchets, des coûts et des durées.
  • Le cadre reconstitué pour le travail interne reprend référence, désignation, quantité, unité et prix unitaire HT. Il est marqué comme préremplissage à vérifier. Les cellules vides restent à compléter. Le prix unitaire saisi est celui de l'entreprise.
  • Le mémoire technique, le planning, le PPSPS et le devis de travail s'appuient ensuite sur les mêmes données validées. Ils restent des documents de travail tant qu'une personne ne les a pas relus.

Les chiffres et les lettres, la marge et la signature restent à l'entreprise. On dépose le bordereau de l'acheteur, après relecture.

Voir le parcours sur un dossier

La démonstration montre l'import des pièces, la fiche de marché, les lignes de bordereau à valider, puis les documents de travail. Le prix unitaire reste à décider pendant l'échange.

Questions fréquentes sur le BPU

Le BPU, bordereau de prix unitaires, est la pièce d'un marché public qui fixe le prix unitaire hors taxes de chaque prestation, poste par poste. Il ne fige pas les quantités. Le montant payé applique ce prix aux quantités réellement exécutées. Le CCAG Travaux parle de bordereau des prix unitaires. On rencontre aussi les formulations bordereau de prix, bordereau de prix unitaire et bordereaux de prix.

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