Acte d’engagement marché public BTP : ATTRI1 (ex DC3), modèle et signature 2026
L’acte d’engagement est la pièce du marché public BTP par laquelle l’entreprise formalise son offre financière et s’engage à exécuter les prestations. Depuis 2019, il prend la forme du formulaire officiel ATTRI1 (ex DC3) publié par la DAJ. Un acte d’engagement mal rempli, signé par une personne non habilitée ou incohérent avec la DPGF entraîne le rejet immédiat de l’offre. Ce guide décrypte le contenu obligatoire, la signature électronique 2026, le cas du groupement et les 5 erreurs à ne jamais commettre.
Acte d’engagement (ATTRI1) : définition et cadre 2026
L’acte d’engagement est défini par l’article R.2112-1 du Code de la commande publique comme la pièce signée par un candidat à un marché public dans laquelle il présente son offre ou sa proposition et adhère aux clauses rédigées par l’acheteur. Une fois cosigné par le pouvoir adjudicateur et notifié au titulaire, il devient la pièce maîtresse du contrat.
Depuis le 1er avril 2019, l’acte d’engagement prend la forme du formulaire ATTRI1 publié par la Direction des Affaires Juridiques (DAJ) de Bercy. Ce formulaire a remplacé le DC3, qui n’est plus en vigueur depuis cette date. La même réforme a renommé le DC4 (sous-traitance) en DC4 maintenu, le DOC1 en NOTI1 (notification du marché) et a introduit le NOTI2 (notification au sous-traitant).
À retenir : l’ATTRI1 est obligatoire dans tous les marchés formalisés (au-delà des seuils européens, des procédures adaptées complexes et de tous les marchés dématérialisés). Pour les marchés de gré à gré sous les nouveaux seuils 2026 (60 000 € HT fournitures/services, 100 000 € HT travaux), l’acte d’engagement peut être remplacé par un simple devis signé ou un bon de commande.
L’acte d’engagement s’insère dans la chaîne des pièces du marché aux côtés du CCTP marché public BTP (clauses techniques), du CCAP marché public BTP (clauses administratives), de la DPGF (décomposition du prix) et des déclarations DC1/DC2. L’article 2 du CCAP fixe traditionnellement l’ordre de priorité entre ces pièces : l’ATTRI1 prime généralement sur le CCAP en cas de contradiction.
ATTRI1 vs DC1, DC2, DC4 : bien distinguer les formulaires
C’est l’une des erreurs les plus fréquentes en début de carrière : confondre les formulaires de candidature avec l’acte d’engagement. Chacun couvre un rôle bien défini.
| Formulaire | Rôle | Phase | Obligatoire ? |
|---|---|---|---|
| DC1 | Déclaration de candidature (identification, capacité juridique) | Candidature | Oui (sauf DUME) |
| DC2 | Déclaration du candidat (capacités économiques, techniques) | Candidature | Oui (sauf DUME) |
| DC4 | Déclaration de sous-traitance (agrément du sous-traitant) | Offre ou exécution | Oui si sous-traitance |
| ATTRI1 (ex DC3) | Acte d’engagement (offre financière et engagement contractuel) | Offre | Toujours |
| NOTI1 | Notification du marché (attestations fiscales/sociales) | Après attribution | Oui |
| NOTI2 | État annuel des certificats reçus | Annuel | Pour acheteurs |
Règle de mémorisation simple : DC = je suis qui je suis (candidature), ATTRI1 = je m’engage sur tel montant et tel délai (offre). Si vous oubliez le DC1/DC2, votre candidature est rejetée en amont. Si vous oubliez l’ATTRI1, votre offre n’existe juridiquement pas.
Contenu obligatoire d’un acte d’engagement BTP
Le formulaire ATTRI1 publié par la DAJ est structuré en rubriques prédéfinies. Chaque rubrique correspond à une mention obligatoire dont l’absence ou l’incohérence peut justifier le rejet de l’offre.
Rubrique A — Identification du pouvoir adjudicateur et de l’objet
Recopiez fidèlement : le nom et l’adresse du pouvoir adjudicateur, l’objet du marché tel qu’il apparaît dans l’avis de publicité (AAPC), le numéro de référence de la consultation, le lot concerné le cas échéant. Piège fréquent : omettre la mention du lot dans un marché allotí entraîne l’ambiguïté sur l’offre.
Rubrique B — Identification du titulaire
- Raison sociale exacte (telle que sur le Kbis)
- Forme juridique (SARL, SAS, EURL, SA, EI, EIRL…)
- Capital social, le cas échéant
- SIRET complet (14 chiffres) et numéro APE
- Adresse complète du siège social
- Représentant légal (nom, prénom, qualité)
- Coordonnées (téléphone, e-mail professionnel)
Rubrique C — Montant de l’offre
C’est la rubrique la plus sensible. Indiquez :
- Montant HT en chiffres et en lettres
- Taux de TVA applicable (20 % par défaut en BTP, 10 % pour les travaux de rénovation, 5,5 % pour les travaux d’amélioration énergétique éligibles)
- Montant TTC en chiffres et en lettres
- Pour les marchés à bons de commande : minimum, maximum et estimation
- Pour les marchés allotis : détail par lot si plusieurs lots sont soumissionnés
Vigilance absolue : le montant doit être rigoureusement égal au total de votre DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire). Une différence même d’un euro peut justifier le rejet pour offre irrégulière. Vérifiez aussi la cohérence chiffres / lettres : en cas de discordance, c’est traditionnellement le montant en lettres qui prévaut.
Rubrique D — Délai d’exécution
Indiquez le délai global en nombre de jours, semaines ou mois ainsi que les délais partiels par phase si le RC les exige. Précisez le point de départ : notification du marché, OS de démarrage ou date contractuelle fixée au CCAP. Un délai supérieur au plafond fixé par le RC entraîne le rejet.
Rubrique E — Compte bancaire et paiement
Joignez votre RIB (IBAN + BIC). Pour les marchés publics, le délai global de paiement est de 30 jours pour les pouvoirs adjudicateurs (50 jours pour les établissements de santé), avec une avance obligatoire de 5 % pour les marchés supérieurs à 50 000 € HT (article R.2191-3 CCP). Le titulaire d’une PME bénéficie d’une avance de 30 % pour les marchés de l’État depuis le décret 2024-1251.
Rubrique F — Durée de validité et signature
La durée de validité de l’offre est généralement de 120 ou 180 jours, telle que fixée par le RC. Apposez date, lieu, nom, qualité et signature du représentant habilité. En dessous du seuil de signature manuscrite, la signature électronique qualifiée est obligatoire (voir section suivante).
Comment remplir le formulaire ATTRI1 étape par étape
- Téléchargez le modèle officiel sur economie.gouv.fr (rubrique « Marchés publics > Formulaires DAJ »). N’utilisez jamais un modèle datant d’avant avril 2019 (encore intitulé DC3) ou un modèle modifié par un tiers.
- Recopiez la désignation du pouvoir adjudicateur et l’objet du marché depuis l’AAPC, exactement et sans abréviation.
- Renseignez les coordonnées du titulaire en vérifiant le SIRET sur sociéte.com ou infogreffe.fr. Un SIRET radié entraîne le rejet immédiat.
- Finalisez votre DPGF en premier, puis recopiez le total HT et TTC dans l’ATTRI1. Rédigez les montants en lettres avec rigueur (« cent vingt-cinq mille trois cent quarante-deux euros et soixante-quinze centimes »).
- Vérifiez le délai d’exécution par rapport au plafond du RC et au planning de votre mémoire technique.
- Joignez le RIB au format IBAN+BIC daté de moins de 3 mois.
- Faites relire par une seconde personne (conducteur de travaux + administratif) avant signature.
- Signez électroniquement avec un certificat RGS** ou eIDAS qualifié (voir section suivante).
- Déposez sur le profil acheteur avant la date limite, accompagné des DC1/DC2, mémoire technique, DPGF et toutes les pièces exigées au RC.
Notre guide comment rédiger un mémoire technique BTP étape par étape détaille la cohérence d’ensemble entre mémoire, DPGF et acte d’engagement — c’est cette cohérence qui distingue les offres gagnantes des offres rejetées.
Signature électronique de l’ATTRI1 en 2026
La dématérialisation des marchés publics est obligatoire depuis le 1er octobre 2018 pour tous les marchés supérieurs à 40 000 € HT. Les nouveaux seuils 2026 (60 000 € HT fournitures/services, 100 000 € HT travaux — voir notre article sur les seuils des marchés publics 2026 pour les PME BTP) ne modifient pas l’obligation de dématérialisation, mais ils étendent le gré à gré pour les plus petits marches.
Quel certificat utiliser ?
L’acte d’engagement doit être signé avec un certificat électronique conforme au RGS ** (Référentiel Général de Sécurité, niveau 2 étoiles) ou au règlement européen eIDAS niveau qualifié. Les autorités de certification les plus utilisées en France :
- ChamberSign (Chambres de Commerce)
- Certinomis (La Poste)
- Certigna (Dhimyotis)
- ClickAndTrust
- Universign / DocuSign / Yousign (signature qualifiée)
Délai d’obtention et coût
Un certificat RGS** physique (clé USB ou token) coûte entre 80 et 200 € par an et nécessite 5 à 10 jours ouvrés pour l’obtention (vérification d’identité en face-à-face). Un certificat de signature qualifiée eIDAS sur cloud (Yousign, Universign) est délivré en quelques minutes après vérification d’identité par visioconférence, pour environ 1 € à 3 € par signature.
Erreur fatale : scanner une ATTRI1 signée à la main et l’insérer en PDF dans le profil acheteur ne vaut pas signature électronique. L’offre sera rejetée. La signature doit être apposée via le certificat électronique sur le fichier numérique (PDF/PAdES ou XAdES) en utilisant un outil de signature qualifiée.
La plateforme PLACE (Plateforme des Achats de l’État), le profil acheteur des collectivités territoriales et la plateforme AWS Achat acceptent toutes les certificats RGS**, eIDAS qualifiés ainsi que les outils intégrés de signature (DocuSign, Yousign).
Acte d’engagement en groupement : qui signe quoi ?
La réponse en groupement momentané d’entreprises (GME) est une stratégie courante en BTP pour mutualiser les compétences (gros œuvre + second œuvre + désamiantage par exemple) ou atteindre les seuils de capacité financière exigés. Mais elle complique la signature de l’ATTRI1.
| Type de groupement | Qui signe l’ATTRI1 ? | Responsabilité |
|---|---|---|
| Solidaire | Tous les membres signent | Chacun engage sa responsabilité sur la totalité du marché |
| Conjoint | Mandataire + chaque membre pour sa part | Chacun responsable de sa part ; mandataire solidaire du paiement |
En signature électronique, chaque cosignataire doit apposer sa signature personnelle avec son propre certificat. Un groupement de trois entreprises = trois certificats distincts, trois signatures électroniques sur le même PDF/PAdES. La coordination logistique est réelle : prévoyez 48 heures de marge avant la date limite pour boucler les signatures.
Pour approfondir, consultez notre guide complet sur le groupement d’entreprises BTP en cotraitance qui détaille la convention de groupement, le rôle du mandataire et les différences avec la sous-traitance.
5 erreurs qui font rejeter votre acte d’engagement
Erreur 1 — Discordance entre l’ATTRI1 et la DPGF
C’est l’erreur n°1 des PME BTP. Le total de la DPGF est de 125 342,75 € HT, mais l’ATTRI1 indique 125 342 € HT (oubli des centimes). Résultat : offre rejetée comme irrégulière sans demande de régularisation possible. Routine de vérification : total DPGF → copié en chiffres → rédigé en lettres → relecture à deux.
Erreur 2 — Signature non électronique
Scanner l’ATTRI1 manuscrite et la déposer en PDF ne vaut pas signature électronique. Même erreur fatale avec une signature image collée dans le PDF. Le profil acheteur détecte l’absence de certificat embarqué et rejette automatiquement.
Erreur 3 — Signataire non habilité
Un chef de projet ou un conducteur de travaux signe l’ATTRI1 sans délégation de pouvoir explicite. L’acheteur demande le Kbis ou la délégation lors de l’attribution et constate l’irrégularité. Soit l’offre est rejetée, soit le candidat est exclu en attribution. Sortez les statuts SAS et rédigez une délégation spécifique avant la remise.
Erreur 4 — Délai d’exécution supérieur au plafond
Le RC fixe un délai maximal de 6 mois ; vous proposez 7 mois pour sécuriser votre planning. L’offre est non conforme au DCE et rejetée. Si vous estimez le délai trop court, demandez une question à l’acheteur via le profil acheteur avant la date limite — jamais dans l’ATTRI1 lui-même.
Erreur 5 — Réserve unilatérale dans l’ATTRI1
Ajouter une mention manuscrite « sous réserve de vérification des sondages » ou « TVA à 5,5 % à confirmer par l’acheteur » rend l’offre conditionnelle et donc non conforme. Le juge administratif est constant : une offre assortie d’une réserve unilatérale doit être rejetée (CE, 24 mai 2017, n° 405787). Si vous souhaitez proposer une variante, utilisez le cadre formel des variantes prévu au RC.
Check-list anti-rejet : total DPGF = total ATTRI1 (chiffres + lettres) · signature électronique RGS** ou eIDAS qualifié · Kbis ou délégation de pouvoir joints · délai ≤ plafond RC · aucune réserve unilatérale · lot correctement identifié · RIB à jour.
Générer un acte d’engagement cohérent avec l’IA
La cohérence entre acte d’engagement, DPGF, mémoire technique et planning est la principale cause d’offres rejetées ou perdues. Smart BTP automatise cette cohérence transversale :
- Pré-remplissage automatique de l’ATTRI1 à partir de votre fiche entreprise (SIRET, Kbis, délégations, RIB)
- Synchronisation DPGF ↔ ATTRI1 : tout changement de prix dans la DPGF met à jour le total chiffres et lettres dans l’acte d’engagement
- Détection automatique des discordances entre montant ATTRI1, total DPGF et engagements du mémoire technique
- Rédaction automatique du montant en lettres (piège classique sur les centimes et les sommes complexes)
- Verification du délai d’exécution par rapport au plafond extrait automatiquement du RC
- Gestion des cosignataires en groupement avec workflow de signature séquentielle
Résultat : un ATTRI1 généré en moins de 2 minutes, sans risque de discordance, prêt pour la signature électronique. Découvrez toutes les fonctionnalités Smart BTP ou demandez une démo gratuite.
Pour aller plus loin sur l’automatisation IA en BTP, consultez notre guide IA et appels d’offres BTP ou formez-vous à l’IA pour automatiser votre métier.
FAQ — Acte d’engagement marché public BTP
L'acte d'engagement est la pièce du marché public par laquelle le candidat présente son offre et s'engage à exécuter les prestations dans les conditions fixées au DCE. Depuis le 1er avril 2019, il prend la forme du formulaire ATTRI1 publié par la Direction des Affaires Juridiques (DAJ) de Bercy, qui a remplacé l'ancien DC3. C'est un document contractuel central : une fois signé par le pouvoir adjudicateur, il scelle la naissance du marché. Il contient l'identification du titulaire (ou des co-titulaires en cas de groupement), le montant en chiffres et en lettres HT et TTC, le délai d'exécution, le mode et le délai de paiement, ainsi que la signature du représentant habilité de l'entreprise.