Par Smart BTP, Expert IA & BTP·Mis à jour le 28 juillet 2026

Attestation de bonne exécution des travaux : modèle, obtention et rôle en marché public BTP

Attestation de bonne exécution des travaux : un maître d'ouvrage remet et signe le certificat de bonne exécution à un professionnel du BTP, avec casque de chantier et plans, devant un bâtiment en construction

L’attestation de bonne exécution des travaux (aussi appelée certificat de bonne exécution) est l’un des documents les plus sous-estimés du BTP. On la néglige souvent en fin de chantier… puis on la regrette au moment de constituer un dossier de candidature à un appel d’offres. C’est pourtant la preuve reine de votre expérience : elle transforme un chantier réussi en argument commercial réutilisable. Ce guide explique à quoi elle sert, qui la signe, ce qu’elle doit contenir, comment l’obtenir sans effort et comment l’exploiter comme preuve de capacité technique en marché public.

Attestation de bonne exécution : définition

L’attestation de bonne exécution est un document délivré par le maître d’ouvrage (le client) par lequel il certifie qu’une entreprise a réalisé des travaux conformément aux règles de l’art et dans les délais convenus. Elle atteste, par la voix d’un tiers indépendant, que vous êtes capable de mener à bien un chantier d’une nature et d’un montant donnés.

Le vocabulaire varie selon les interlocuteurs, mais désigne globalement la même chose :

  • Attestation ou certificat de bonne exécution : le terme le plus courant dans le BTP privé comme public ;
  • Certificat de capacité : expression employée dans le contexte des marchés publics pour désigner une attestation qui prouve votre aptitude à exécuter des prestations comparables ;
  • Attestation de référence : quand le document est destiné à alimenter votre liste de références lors d’une candidature.

À retenir : une attestation de bonne exécution n’a de valeur que si elle émane du client, pas de vous. C’est le regard extérieur du donneur d’ordre qui en fait une preuve crédible aux yeux d’un futur acheteur.

À quoi sert une attestation de bonne exécution ?

Un chantier réussi ne se transforme pas tout seul en avantage concurrentiel : il faut en garder une trace opposable. C’est exactement le rôle de l’attestation. Elle sert dans quatre situations :

  • Constituer une liste de références pour candidater aux marchés publics et privés : c’est son usage principal, car les références sont un critère de sélection des candidatures ;
  • Obtenir ou renouveler une qualification Qualibat : les organismes qualificateurs exigent des références appuyées d’attestations de bonne exécution ;
  • Étayer un mémoire technique : rien ne crédibilise mieux une méthodologie que la preuve que vous l’avez déjà appliquée avec succès sur un chantier comparable ;
  • Rassurer un client privé hésitant, en lui montrant que d’autres donneurs d’ordre ont été satisfaits de vos prestations.

Autrement dit, l’attestation de bonne exécution est un actif commercial qui se capitalise : chaque chantier terminé sans réserve est l’occasion d’alimenter votre stock de preuves, réutilisable sur des dizaines de candidatures.

Que doit contenir une attestation de bonne exécution ?

Il n’existe pas de formulaire officiel unique, mais une attestation exploitable en marché public doit impérativement comporter les mentions suivantes :

MentionPourquoi elle est indispensable
Identité du maître d’ouvrageProuve que le document émane d’un tiers vérifiable (nom, coordonnées, qualité du signataire)
Identité de l’entrepriseRattache sans ambiguïté la référence à votre société (raison sociale, SIRET)
Désignation des travauxPermet à l’acheteur de juger la similarité avec son propre marché (nature, techniques, lots)
Montant du marchéDémontre que vous avez déjà géré des chantiers du bon ordre de grandeur financier
Lieu et date / périodeSitue la référence dans le temps (les 5 dernières années comptent) et l’espace
Appréciation qualitativeLe cœur du document : « travaux réalisés selon les règles de l’art, achevés dans les délais »
Date, signature et cachetConfèrent au document sa valeur probante ; sans signature du client, il ne vaut rien

Plus l’attestation est précise et chiffrée, plus elle pèse. Une formule vague du type « l’entreprise a bien travaillé » est nettement moins convaincante qu’une attestation détaillant la nature exacte des ouvrages, le montant HT et le respect du planning.

Comment obtenir une attestation de bonne exécution

Beaucoup d’entreprises oublient de la demander et se retrouvent, des années plus tard, incapables de documenter leurs plus belles réalisations. Voici la méthode pour ne plus jamais en manquer :

  1. Demandez-la à la réception : c’est le moment idéal, quand le chantier est terminé sans réserve et que le client est satisfait. Reliez cette démarche à la réception des travaux pour ne pas l’oublier ;
  2. Préparez un modèle pré-rempli : fournissez au maître d’ouvrage un document déjà renseigné (parties, travaux, montant, dates) qu’il n’a plus qu’à vérifier et signer. Vous levez ainsi le principal frein : le temps qu’il devrait y passer ;
  3. Relancez avec tact si le client tarde : un rappel courtois par e-mail, en joignant à nouveau le modèle, suffit généralement ;
  4. Archivez et classez chaque attestation dans une base de références (par nature de travaux, montant, année) pour la retrouver instantanément lors d’une candidature.

Astuce : intégrez la demande d’attestation à votre processus de clôture de chantier, au même titre que la facture de solde ou la levée des réserves. Ce qui devient un réflexe ne s’oublie plus.

Que faire si le client refuse de signer ?

Il arrive qu’un maître d’ouvrage tarde ou refuse de délivrer l’attestation, par oubli, par principe ou parce que l’interlocuteur a changé. Sur un marché public, l’acheteur n’a pas d’obligation générale de vous en fournir une ; en cas de blocage, plusieurs voies existent :

  • Reconstituer la preuve autrement : le code de la commande publique admet qu’à défaut d’attestation du bénéficiaire, la référence peut être justifiée par une simple déclaration de l’opérateur économique (vous), accompagnée d’éléments objectifs (ordres de service, décomptes, PV de réception, photos) ;
  • S’appuyer sur d’autres documents contractuels déjà en votre possession qui matérialisent la réalité et l’ampleur du chantier ;
  • Anticiper à l’avenir en insérant, dès la signature du marché, une clause prévoyant la remise d’une attestation de bonne exécution à la réception.

Un refus n’est donc jamais totalement bloquant, mais il vous oblige à un travail de justification supplémentaire — d’où l’intérêt de sécuriser le document au bon moment.

Attestation de bonne exécution, PV de réception, certificat de capacité : ne pas confondre

Ces trois notions se recoupent dans le langage courant mais recouvrent des réalités différentes :

DocumentNatureFonction
PV de réceptionActe juridique de fin de marchéDéclenche garanties, retenue de garantie, transfert de garde
Attestation de bonne exécutionDocument de référenceProuve votre expérience pour de futures candidatures
Certificat de capacitéMême document, contexte marché publicAtteste votre aptitude à réaliser des prestations comparables

Erreur fréquente : présenter un procès-verbal de réception en guise de référence dans une candidature. Le PV prouve que le chantier a été réceptionné, mais pas qu’il a été bien exécuté ; c’est l’attestation, avec son appréciation qualitative, qui remplit ce rôle.

Le rôle de l’attestation dans un appel d’offres public

En marché public, l’attestation de bonne exécution s’inscrit dans l’examen des capacités techniques et professionnelles du candidat, au stade de la candidature. Pour les marchés de travaux, l’acheteur peut demander la liste des travaux exécutés au cours des cinq dernières années, « appuyée d’attestations de bonne exécution pour les travaux les plus importants ». Ces attestations précisent le montant, la date, le lieu et si les ouvrages ont été réalisés selon les règles de l’art.

Concrètement, elles viennent appuyer les rubriques « références » de votre formulaire DC2 (ou du DUME). Deux principes protègent toutefois les candidats :

  • La proportionnalité : le niveau de références exigé doit être lié et proportionné à l’objet du marché. Un acheteur ne peut pas réclamer un historique disproportionné par rapport aux travaux réellement à réaliser ;
  • La preuve équivalente : l’entreprise qui ne dispose pas encore d’attestations peut prouver sa capacité par tout moyen équivalent. L’acheteur ne peut pas rejeter une candidature au seul motif qu’un certificat manque, dès lors que la compétence est démontrée autrement (moyens, encadrement, chantiers comparables).

C’est un point clé pour les entreprises qui débutent : notre guide répondre à son premier appel d’offre explique comment compenser un historique limité. Et pour savoir précisément ce que l’acheteur attend, lisez toujours attentivement le règlement de consultation, qui liste les preuves de capacité recevables.

La vidéo ci-dessous montre concrètement comment renseigner le formulaire DC2, l’endroit exact où vos références et attestations de bonne exécution prennent place dans la candidature :

Pour cibler en amont les marchés où vos références font mouche — par exemple des programmes de rénovation dans les secteurs que vous maîtrisez — disposer de données fiables sur le bâti et le foncier aide à prioriser vos réponses. Des outils de données immobilières et foncières via API permettent d’identifier les gisements de travaux avant de se positionner.

Modèle et trame d’attestation de bonne exécution

Voici une trame type que vous pouvez transmettre pré-remplie à votre client. Adaptez-la à votre chantier et faites-la signer par le maître d’ouvrage :

ATTESTATION DE BONNE EXÉCUTION DES TRAVAUX

  • Je soussigné(e) [Nom, qualité], représentant le maître d’ouvrage [Raison sociale / collectivité], sis à [Adresse] ;
  • Atteste que l’entreprise [Raison sociale, SIRET], sise à [Adresse] ;
  • A réalisé les travaux suivants : [Désignation précise : nature, lots, techniques] ;
  • Situés à : [Lieu d’exécution] ;
  • Pour un montant de : [Montant HT] € HT ;
  • Exécutés du [date début] au [date de réception] ;
  • Ces travaux ont été réalisés selon les règles de l’art et achevés dans les délais, à notre entière satisfaction ;
  • Fait à [Lieu], le [date] — Signature et cachet du maître d’ouvrage.

De nombreux modèles gratuits circulent en ligne (Word, PDF), mais l’essentiel n’est pas la mise en forme : c’est la précision des informations et la signature du client. Une trame simple, complète et signée vaut mieux qu’un document sophistiqué mais vague.

De la référence à la candidature : industrialiser avec l’IA

Collecter des attestations, c’est bien ; les exploiter au bon endroit, au bon moment, c’est ce qui fait gagner des marchés. Or ce travail est répétitif : à chaque consultation, il faut sélectionner les références les plus proches de l’objet du marché, les rappeler dans le DC2 et les mettre en scène dans le mémoire technique. Une IA peut :

  • extraire du règlement de consultation les exigences de références (nombre, montant, ancienneté) ;
  • identifier dans votre base les attestations les plus pertinentes pour ce marché précis ;
  • vérifier que votre dossier de candidature est complet et cohérent ;
  • rédiger un mémoire technique qui valorise chaque référence au bon endroit.

Les équipes qui veulent structurer toute cette chaîne documentaire s’appuient de plus en plus sur des formations aux agents IA et à l’automatisation. C’est précisément la logique de Smart BTP : de l’analyse du DCE à la génération des documents, comme détaillé dans notre guide IA et appels d’offres BTP.

FAQ — Attestation de bonne exécution des travaux

C’est le maître d’ouvrage (le client donneur d’ordre) qui établit et signe l’attestation de bonne exécution, jamais l’entreprise elle-même. Sur un marché public, il s’agit de la personne publique (commune, département, bailleur social, État…) ou de son représentant, par exemple le maître d’œuvre mandaté. Sur un marché privé, c’est le particulier, le syndic ou l’entreprise cliente. Une attestation que vous rédigeriez et signeriez vous-même n’a aucune valeur probante : c’est précisément parce qu’elle émane d’un tiers qu’elle atteste objectivement de votre capacité.

En résumé : l’attestation de bonne exécution des travaux est le document, signé par le maître d’ouvrage, qui prouve que vous avez réalisé un chantier selon les règles de l’art et dans les délais. Distincte du PV de réception, elle alimente vos références, appuie votre candidature (DC2, liste des travaux sur 5 ans), sert à obtenir une qualification Qualibat et crédibilise votre mémoire technique. Systématisez sa collecte à chaque réception, préparez un modèle pré-rempli, et exploitez l’IA pour la valoriser au bon endroit : chaque chantier réussi devient alors un argument gagnant pour le suivant.

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